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Eau secours 34 veut un vote citoyen sur la régie de l’eau

Le collectif Eau secours 34 (CAPE) demande le retour à une régie publique de l’eau à Montpellier. Soutenu par des élus locaux ainsi qu’un député, il interpelle les 90 élus du conseil d’agglomération, qui voteront cet été le maintien  – ou non-, de la délégation du service publique à Veolia. Pour les sympathisants de CAPE, « l’eau privatisée n’est pas une chose déjà tranchée ».

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Le collectif citoyen CAPE vient d’ouvrir les vannes du débat sur le retour à une gestion publique de l’eau dans la communauté d’agglomération. Ses membres ont animé deux réunions d’information, la semaine dernière, dans la Salle Guillaume de Nogaret à Montpellier et dans le complexe polyvalent de Clapiers. Au total, environ 250 personnes ont assisté à ces révisons citoyennes. Après des enseignements géographiques, économiques et sociaux, le collectif, a laissé parler  des élus qui l’appuient CAPE dans son action. Cela suffira-t-il à convaincre les 90 membres du conseil d’agglomération de revoir leur copie ?

La question qui est posée au conseil d’agglomération est simple : souhaitez-vous revenir à une régie publique de l’eau telle qu’elle a existé avant 1989, l’année où Georges Frêche a signé un contrat de délégation de service public avec Veolia ? Le vote aura lieu le 13 juillet prochain. Les conseillers d’agglomération ont le choix entre trois options : maintenir Veolia Environnement à la tête de ce marché juteux – la multinationale verra son contrat s’arrêter fin 2014-, ordonner la nomination d’un nouveau délégataire d’origine privée et, la troisième possibilité, revenir à une régie publique de l’eau.

Ce 3e choix aurait des avantages financiers pour les 420 000 usagers des 31 communes de l’agglomération. Le changement des services en régie publique de l’eau a permis aux consommateurs de réduire le poids de leur facture dans plusieurs communes : à Tours, à Evry, Rennes ou encore à Lyon, où une baisse de 27 % des prix a été possible. Car la facture de la régie publique de l’eau paie… uniquement l’eau.  CAPE demande donc l’organisation d’une « votation citoyenne à Montpellier.  L’eau, c’est juste une question de bon sens. Les citoyens ne peuvent pas être tenus à l’écart de cette question », estime Anne Roux, la présidente du collectif héraultais et spécialiste de ce sujet.

Jean-Louis Roumegas, député EELV de l’Hérault et conseiller municipal de Montpellier s’est demandé « pourquoi le débat est-il déconnecté de l’élection municipale de 2014 ? ».

"Quelle eau pour demain ?", demande l’agglo, "quelles sont vos priorités ?",  réplique le collectif

De fait, la commission Eau et assainissement de Montpellier Agglomération a déjà décidé de son calendrier. Se proposant « d’engager une large concertation sur le thème ‘’Quelle eau pour demain ?’’ ». Elle promeut dès-lors sa « démarche participative innovante ». Et distribue des fiches de presse résumant lson « schéma général de concertation ». Cette méthode est fondée sur une double rencontre avec les citoyens : lors du Forum sur l’eau, début mai et sur trois week-ends de réflexion et d’ateliers, pour un panel de dix-huit citoyens – et non 25 comme annoncé initialement-, sélectionnés afin de sonder la population montpelliéraine. Une méthode en huis-clos que critique CAPE

« On a proposé des rencontres pour que les élus aient un 2e son de cloche. Nous n’avons toujours pas eu de débat dans de bonnes conditions », souligne Anne Roux. La présidente et les sympathisants de CAPE reprochent à Montpellier Agglomération sa distance de la population :  « Le huis-clos tel qu’il nous a été présenté ne constitue pas un panel; la méthode n’est pas celle requise pour questionner les usagers. »  CAPE semble donc proche d’une tendance à la contestation plus globale de  la gestion de l’eau en France.

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« Je ne voudrais pas que le débat soit volé. Je pense que nous devons l’avoir sur les ajustements prioritaires. Il y a un enjeu social, financier et environnemental. L’eau est une ressource rare », substitue Jean-Louis Roumegas, pas avare en critiques sur la marchandisation de l’eau en France : « C’est la logique de multinationales trop puissantes pour nos petites collectivités locales qui me heurte, pas le clivage public / privé. On se rend compte qu’il y a eu un dérapage dans la gestion. Le mouvement de retour en régie publique est presque toujours synonyme de la baisse du prix moyen pour l’usager ».  A Montpellier, entre 2009 et 2013, le prix du m3 a augmenté de 2.85 %, quand l’inflation atteignait 2.07 %. En fait, la France fait figure d’exception : aux États-Unis, 88 % des citoyens sont servis par des entreprises d’eau municipales publiques. La privatisation de l’eau n’a pas touché des pays tels que la Suisse, la Suède, les Pays-Bas ou le Québec.

La porte-parole et les soutiens de CAPE rappellent que les citoyens ont perdu leur contrôle sur l’eau. « Engager une réflexion sur ce sujet, ce n’est pas une sinécure », assure Thierry Ruff, ingénieur de recherche à l’Institut de Recherche et de Développement de Montpellier et conseiller municipal de Jacou. «Les schémas sont complexes et les cartes rares. Il y a une ville centre, Montpellier, qui a la prétention de décider pour l’ensemble des communes. Elle pèse 50 % des votes au sein du CA. Pratiquement toutes les ressources en eau se trouvent en dehors de l’agglomération de Montpellier. »

Un élu de Saint-Jean-de-Védas s’est prononcé en faveur de la consultation de tous les conseillers municipaux. Il a dit regretter « l’impossibilité de dialoguer ». Et de citer Edgar Morin : « L’eau, la mère de la vie ». Ses propos peuvent être rapprochés de ceux de René Revol, le maire de Grabels, lors d’un interview avec l’hebdomadaire L’Agglorieuse (le 23 janvier 2013) : « C’est un bien public qui doit être géré par la collectivité publique, afin de permettre une tarification sociale et une préoccupation écologique. Les premiers m3 doivent être gratuits ».

Plus près du centre, cette confidence d’une militante écologiste, proche de M. Roumegas, sur la maire de Montpellier, Hélène Mandroux, qui voudrait également voter pour une régie publique. Alors que Veolia transfère aussi de l’eau du Rhône dans le département, un autre élu se fâche : « Qu’ils effectuent d’abord les réparations qu’ils étaient censés faire sur les canalisations existantes ! ».

Pour le professeur Nisand, « être parents, ce n’est plus l’apanage des couples hétérosexuels »

INTERVIEW EXCLUSIVE -  Hier, la 7e Journée montpelliéraine d’éthique biomédicale était organisée au Corum. La procréation médicalement assistée (PMA) interroge une foule d’associations, d’élus et de citoyens. Bien que les parlementaires débattent du droit d’utiliser des mères porteuses  en France, le président de la République l’avait exclu du projet de loi sur le mariage pour tous. Israel Nisand, le fondateur du colloque biomédical montpelliérain, nous donne son point de vue sur cette question de société…

"Des problèmes différents se posent. Notre manière d’y répondre représente également un enjeu démocratique", a déclaré le professeur Israël Nisan, le chef de file des médecins, psychiatres, juristes et sociologues présents.

Israel Nisan est le directeur du département de gynécologie-obstétrique des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Il est aussi membre du Haut conseil de la population et de la famille et du conseil d’administration de l’Agence de la biomédecine. Il s’est d’abord opposé à la PMA. Mais aujourd’hui, il se dit favorable à un encadrement juridique de la « gestation pour autrui ».

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Le professeur Nisand, qui organise et préside les débats lors des Journées montpelliéraines de la bioéthique.

Depuis Strasbourg, il a accepté de nous livrer ses conclusions. La PMA, qui inclut l’insémination artificielle et les différents types de fécondation in vitro (FIV), permet  à environ 20 000 bébés de naître en France chaque année (2,7 % du total).

Montpellierblog : Entre l’utilisation du corps humain, les questionnements sur le modèle familial, la liberté et les droits de chacun, de même que les aspects techniques et médicaux, les débats sur la PMA semblent complexes. En organisant cette Journée, vouliez-vous affirmer que la reproduction accessible à tous représente un progrès pour l’humanité ou un risque pour la société ?

I. N. : L’ordre social a toujours été évolutif, particulièrement en Occident. Aujourd’hui, la famille ne ressemble plus beaucoup à celle des années 1970. Les découvertes scientifiques et celles de la médecine ont changé le réel. Autrefois, vous deviez accepter de fait votre stérilité; aujourd’hui les homosexuels ont la possibilité technique de constituer une famille. Cela donne le vertige à tout le monde. C’est logique : ce changement est essentiel et il n’y pas de sonnette d’alarme comme dans le TGV.

Les évolutions sociales vont de plus en plus vite. Aujourd’hui, un homme peut materner. Des études ont laissé entendre qu’il y a presque équivalence pour l’enfant. Mais cette éventualité fait débat. L’homosexualité a pourtant toujours existé. Simplement, les homosexuels ne partageaient pas le grand projet de l’humanité, qui est de se reproduire. Être parents n’est plus l"apanage des couples hétérosexuels.

Quels risques y a-t-il si on dissocie la parenté biologique et la parenté affective ?

Je préfère le terme de filiation. La parenté désigne un lien affectif trop vaste. En français, on a un seul mot pour parler des trois filiations : la filiation biologique – avec les gamètes-, la filiation juridique – qui est la fille ou le fils de qui- et la filiation psychologique. Elles peuvent ne pas être en lien toutes les trois : il est possible qu’une femme accouche d’un enfant, le mette au monde et lui torde le cou.  Cela s’appelle un déni de grossesse. Mais, comme il n’existe pas d’autre mot que filiation, nous sommes perdus.

Aux USA, des études fiables n’ont trouvé aucun effet réellement néfaste. Il n’existe pas de vulnérabilité plus grande pour un enfant né après une PMA. Je n’en connais pas non plus. Personne n’a constaté statistiquement de recrudescence du suicide, de la toxicomanie ou de problèmes graves d’identité chez les enfants élevés par deux personnes de même sexe.

Est-ce vraiment le rôle de la médecine que de répondre à une demande visant à renforcer la parité entre les sexes, les genres ?

La médecine ne peut pas créer l’égalité. Les gens construisent leur vie comme ils le peuvent, avec leur vécu personnel. La médecine ne peut rien du tout. Tant qu’un homme ne se donne pas d’utérus, il n’y a pas d’égalité possible avec la femme. Même si certains scientifiques étudient ce projet, qui de nos jours, n’est pas encore d’actualité. C’est juste envisageable ; dans ce cas, il faudra essayer de devancer les avancées techniques.  Afin d’en débattre avant que l’évolution ne se produise…

Pourquoi vous entourerez-vous d’autant de chercheurs sur les conséquences de la PMA ? Voulez-vous prouver que le problème qui se pose, c’est celui du désir d’enfant à tout prix ?

Notre travail est restitué de manière plus objective car nous nous complétons. Nous poursuivons, comme tous les scientifiques, un but : l’exactitude, la précision. Le droit et la sociologie nous permettent de mieux comprendre la portée d’une telle évolution technique. Encore faut-il que la société l’accepte. Elle est donc en droit d’être informée.

Certaines croyances sur la PMA invitent à se méfier de la naissance de "l’enfant froid". Qu’est-ce que cela signifie ? Une distinction entre deux types d’individus pourrait-elle exister ?

"Enfant froid", je n’ai jamais entendu cette expression Pour rendre possible l’aide médicale à la procréation, que fait-on ? On conserve des gamètes à basse température. Mais cela n’a aucun effet néfaste sur les fonctions vitales, bien sûr. Ce serait davantage le point de vue de certains pédopsychiatres et psychanalystes.

Avez-vous été contacté par le législateur à ce sujet ?

Je l’ai été en 2011, lors de la révision de la loi sur la bioéthique. J’ai été reçu par les sénateurs et les députés. Je leur ai demandé de tenir compte de mon avis, mais ce n’étaient pas de vrais états généraux. La loi bioéthique est faite par quelques gens qui s’autorisent à penser pour tout le monde, pour toute la France !

S’achemine-t-on vers un consensus ? Ou faut-il donner davantage d’importance à l’avis des personnels médicaux et ouvrir le débat à l’ensemble des citoyens ?

C’est un enjeu pour toute la société. Il faut arriver à ce que les lois sur le corps soient utilisées comme le veut la population. L’écart entre l’opinion publique et la législation est devenu trop grand. Le public n’arrive plus à comprendre le sens des lois bioéthiques. L’enjeu de ce débat est également démocratique.

5 adolescents expulsés ont passé la nuit sur un quai de gare

Montpellierblog publie le témoignage d’une lectrice indignée par des faits de discrimination raciaux et ethniques opérés par la SNCF. L’auteure, qui était à bord d’un train hier soir, a découvert ce matin à Montpellier les suites (in)humaines d’une expulsion. De l’ostracisme ordinaire sur une ligne régionale. Ces faits sont avérés. Puis elle en vient à s’interroger sur l’histoire de France.

« Ces derniers temps, des personnes bien connues ont appelé à l’indignation. "Et alors?", me direz-vous. Je voudrais vous raconter ce que j’ai vécu hier soir, lors de mon trajet en train SNCF.

Sommes-nous vraiment dignes de la dénomination de peuple civilisé ? Où se situe vraiment la barbarie ? Dans les centre-villes comme dans les quartiers de banlieue, sommes-nous encore dans un pays de l’Égalité ? Suite à cette histoire je ne voudrais  pas revivre de sombres périodes de notre histoire nationale…  Alors je préfère raconter !

Partie en train d’Elne (près de Perpignan) à Montpellier, à 20h, je n’ai pas pu retirer mon billet pris par le biais de mon téléphone. La gare étant fermée, je n’ai pas pu imprimer ma réservation. Sur le quai, je rencontre 5 roms originaire de Roumanie que je connais de montpellier, des ados entre 13 et 14 ans. Ils étaient venus voir un membre de leur famille à l’hôpital d’Elne (m’ont-ils dit). Je parle avec eux. Ils avaient passé la journée là.

Ils rencontraient le même problème que moi : ils n’avaient pas pu prendre de billet (même si leur intention n’était peut-être de ne pas payer, là n’est pas la question). Nous montons dans le train, eux d’un côté, moi de l’autre, Je sors mon ordi, mon Iphone, tous les apparats de l’intégration, franco-française et du niveau de vie aisé. La contrôleuse passe à côté de moi, ne vérifie pas mon billet (que je n’avais pas).

Un des garçons roms vient s’asseoir à côté de moi et nous continuons à discuter de sa famille, que je connais. La contrôleuse passe et lui hurle dessus qu’il n’a pas à rester là avec moi mais qu’il doit retourner avec les siens de l’autre côté du camp, euh, du train et descendre à la prochaine station. Sous peine qu’elle appelle la police ! Puis elle compose un numéro sur son portable et parle. A Narbonne, je suppose que mes amis roms sont descendus. je me suis trouvée vraiment démunie de n’avoir pas réagi, révoltée de n’avoir même pas été contrôlée. J’ai d’ailleurs été remboursée de mon billet puisque je ne l’avais pas édité !

Les roms – j’ai rencontré une petite fille ce matin à Montpellier- ont passé la nuit à la gare de Narbonne, "serrés les uns contre les autres pour se tenir chaud". Sur ce, ils ont repris un train aux aurores "en se cachant dans les toilettes". Je suis juste révoltée que le contrôle se soit fait sur l’apparence et que la tête de rom, même à 13 ans, ne revienne pas au point de leur envoyer la police ! Ils ne peuvent pas travailler ici, ils n’en obtiennent pas le droit. Dans leur pays, la Roumanie, ils sont chassés par des Roumains qui jouent à les renverser sur la voie publique. Et en France, à tout âge, ils sont traqués. Il n’y a pas un pays d’Europe qui les accueille et qui leur propose un statut clair.

Ces gens ont-ils une place sur terre où ils pourraient mener une vie normale ? Je ne le crois pas et cela fait des générations que ça dure. Va-t-on laisser perpétrer cette poursuite encore longtemps ? Pouvons nous rejeter des mineurs sous prétexte de leur origine ? Que fait l’Europe, qui est concernée dans tous les pays par cette question ? Sommes-nous vraiment dignes de la dénomination de peuple civilisé ? Quand, selon nous, la barbarie  commence-t-elle ?

Les roms  n’ont pas les mêmes coutumes que nous, pas la même culture mais ce sont des humains comme vous et moi, la constitution des droits de l’homme ne permet pas la mise à l’écart et le non accès au droit qui leur est réservé.
A l’heure de se questionner sur le retrait du mot "race" de la constitution, penchons nous plutôt sur l’application de la loi universelle ! »

Marie Saurat

L’Internat d’excellence héraultais vu par Sarkozy en campagne

Nicolas Sarkozy et sa porte parole, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont visité l’Internat d’excellence de Montpellier (IDEM). Défendant un encadrement scolaire privilégié, le leaders de l’UMP a rejeté les accusations de "démembrement de l’éducation nationale". Or, l’IDEM est en partie financé par le groupe Total, première capitalisation boursière française. Montpellierblog a aussi entendu des élèves enthousiastes… un satisfecit pour l’équipe enseignante.

Nicolas Sarkozy interrogeant une élève de l’IDEM, le 28 février 2012.

En visite dans les anciens bâtiments militaires de l’EMSAM (École Militaire Supérieure d’Administration et de Management), qui accueillent l’IDEM depuis son ouverture, en septembre 2010, l’équipe présidentielle a défendu sa politique "pour l’égalité des chances". Une préoccupation "permanente", selon NKM. Ou comment laisser croire qu’un internat d’exception améliore l’avenir de la masse des élèves…

Suivant l’équipe présidentielle, caméras et objectifs ont zoomé sur l’une de ces 26 écoles créées à la rentrée 2009. Montpellierblog a pu suivre cette visite surprise du président de la République, qui espère réélu cette année. Le chef de l’Etat a été vivement critiqué en off par certains personnels de l’IDEM pour sa communication personnalisée. "Nous, employés de l’IDEM, faisons le maximum chaque jour pour nos élèves. La présence de personnels scolaires est accrue. Leurs moyens aussi sont en hausse", a précisé une assistante de la direction.

Les internats d’excellence sont destinés à des élèves boursiers. Choisis selon des "critères de motivation", des collégiens, et des lycéens  en difficulté profitent d’un accompagnement personnalisé ainsi que de nombreuses disciplines extrascolaires – sports, voyages, etc. La scolarité à l’IDEM est conçue comme une deuxième chance. Un certain confort y règne Entre ces murs, pas de souci d’accès à Internet. Les élèves bénéficient de bonnes conditions pour rester motivés. L’étude du soir est un autre piler de cette école. Trois jeunes filles, élèves en classes de 5e, ont confié à montpellierblog qu’elles font "maintenant" leurs devoirs du soir. L’une d’elles, scolarisée avec sa sœur de Béziers, avoue que "ce n’était pas le cas quand je rentrais à la maison tous les jours".

Le cortège présidentiel avait stationné ses nombreux véhicules dans l’établissement. Nicolas Sarkozy a d’abord rencontré des collégiens suivant leur cours dans des locaux préfabriqués. Là, les journalistes ont été tenus de rester sur le pas de la porte. Puis le candidat Sarkozy a pénétré dans la cour centrale de l’IDEM,de devant s bâtiments majestueux. Au centre de la cour, on remarquait la concentration de Sandrine Treptau, la CPE de l’IDEM, qui surveillait la cour. A propos des moyens déployés par l’IDEM, elle confiait : "Oui, nous cherchons des fonds pour que cela tienne. Il en a toujours été ainsi, quelque soit le poste que j’occupe depuis des années. Ici, on fait le maximum pour nos élèves. Mais pour nous, c’est travailler plus pour gagner moins".

L’ouverture des 26 internats d’excellence a coûté 500 millions d’euros. A ce jour, 6 238 places sont occupées. A Montpellier, des professeurs ont souligné que l’IDEM est une nouvelle entorse à ‘égalité des chances. Quelques syndicalistes sont restés derrière le portail durant la visite de Nicolas Sarkozy. L’un d’eux, professeur de mathématiques et membre de l’Unsa, a rappelé que 90 % des élèves des grandes écoles sont issus de 200 écoles primaires. Selon lui, "les internats d’excellence font croire à une nouvelle politique de soutien scolaire… mais ils sont juste un cache misère, qui masque la ruine des collèges et des lycées publics. Beaucoup plus d’élèves ont besoin de davantage de personnels disponibles".

Nicolas Sarkozy a tenté de faire taire les critiques sur son "bébé", grâce notamment à une mise en scène socialisante, imprimant son rôle sur deux tableaux. Dans un premier temps, il a présenté sa réforme comme un secours d’urgence aux des familles défavorisées : "Cela reste non punitif. Pour la punition, il y a les centres de réinsertion scolaire. Parce qu’il y a des enfants qui n’ont pas de table pour étudier chez eux. Ici, ils trouvent du calme, ils sont protégés". Une envolée lyrique qui a semblé captiver son auditoire. Puis, il a décrit l’internat d’excellence comme "un maillon pour réformer en profondeur l’école", ajoutant : "J’espère que ça va se pérenniser". Il a affiché l’objectif de 20 000 places, d’ici 2020.

Le président de la République sortant a réitéré son engagement pour la culture du chiffre. Il s’est gardé de citer les mécènes de l’IDEM. Le premier d’entre eux est la major française Total, aux 10 milliards d’euros de bénéfice en 2011, et véritable sponsor de établissement montpelliérain (avec plus d’1 million d’euros par an). En tant que CPE, Sandrine Treptau, a précisé à montpellierblog que, "Michel Sirvent, le proviseur, s’il est très proche des élèves, occupe aussi ce poste en en raison de ses qualités de manager". Quid  des besoins en financements privés pour respecter le projet pédagogique publique…

Dans une étude de 2010-2011, les inspecteurs généraux ont évalué le coût d’une année à 4 500 euros par élève à Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence) et autour de 10 000 euros à Sourdun (Seine-et-Marne). Des brevets de pilotage et un voyage effectué en Inde par plusieurs classes les ont choqués. D’où leur conclusion critique : " les activités offertes ont parfois pu virer à la démesure". (Le Monde, 28/02/12)

Une contradiction du chef de l’État en campagne est alors apparue comme flagrante : deux jours plus tôt, interviewé par un rédacteur de l’e-mag Jenousils, Nicolas Sarkozy avait affirmé que, pour l’éducation, "la question centrale n’est pas celle des moyens !" S’agissait-il d’une nouvelle invitation à travailler plus pour les personnels scolaires ? (http://www.vousnousils.fr/2012/03/26/nicolas-sarkozy-la-question-centrale-nest-pas-celle-des-moyens-524295)

Une partie du budget de l’IDEM dépend du financement public : la Ville verse une aide au fonctionnement"pour chaque interne accueilli" ; l’État participe à l’investissement (création, extension et développement internats). Dans son projet de loi de finances 2010, le gouvernement prévoyait un montant de 500 millions d’euros. Enfin, les Conseils généraux et régionaux participent aux frais de fonctionnement.

Témoin de cette visite de campagne, un professeur de mathématiques en classes de collège et membre de l’Unsa avait l’air circonspect. Et de demander : "Mais qu’est-ce vraiment que l’excellence dans l’Éducation nationale, un déballage de moyens pour une minorité ?"

« Carnaval des Gueux 2012 » : pour revivre « le moment où les fous se lâchent ! »

Hier, des  centaines de « Gueux » ont fait luire leurs rires sur les murs de l’écusson !

Place Sainte-Anne, l’un des lieux de passage "obligés" de Carnaval ainsi que devant le tribunal correctionnel, la place Jean Jaurès et certaines ruelles de l’écusson…

Des flammes, du bruit, des odeurs, des étreintes, de l’alcool et de la drogue… autant de gestes libérés des morales chrétienne et républicaine. Car un appel clair avait été lancé sur Internet et grâce au bouche à oreilles, afin de continuer à s’affranchir en groupe "des contraintes inutiles".  A cette distinction près : cette année, le défilé des "Gueux" montpelliérains revêtait des nippes aux couleurs encore plus politiques et bien sûr imparablement festives.  Dixit ce fameux appel : « Carnaval change sa tradition et devient belliqueux. Il s’agit de retourner le sens de la marche. Carnaval reprend « leur gentrification » et la renverse. Ils aimeraient que rien ne se passe et pourtant (…). Alors vas nu pied, schlags, boloss, anarcho-prout, chômeurs, gueux, troubadour… en avant pour la gentrification prolétarienne. D’un grand bond en avant, reprenons la ville en faisant luire mille feux, mille odeurs, mille gestes d’amour enragés… »

Avant le défilé en partie organisé, qu’ils présentaient comme « un bon en avant », un nombre important de participants a admis garder un souvenir révolté de la répression policière des dernières années – voir à ce sujet le rapport détaillé http://pavillonnoir.forumactif.org/t1959-carnaval-des-gueux-montpellier-2011?highlight=carnaval%20). Cette année, pas de CRS surgissant dans l’écusson pour réprimer les rituels des diables déguisés. Seulement trois policiers en civil ont surveillé de près ces évènements de la place Sainte-Anne à la place Candole. Ils étaient soutenus par un dispositif armé, à quelques rues de là.

Tandis que l’an dernier, vers 22 h 15, la chasse aux  sorcières de l’écusson avait été déclenchée, mardi soir, peu avant 23 heures, le plan de l’Université était dûment enflammé. Une  foule compacte, quelques slogans sur les murs et une banderole du comité anti-répression : un spectacle de fête sans violence. L’un des policiers confiait que ses « ordres ne demandent pas d’envoyer les troupes  [de CRS]». Un feu vert à la liberté d’expression que le groupe n’a pas eu besoin d’entendre…ésonnaient des chants et des rires interdits par temps de productivisme. Carnaval, c’est aussi la reconnaissance des liens immatériels qui nous unissent. C’est donc la fête de l’humour, grâce à des déguisements subtils et à un char étudié en groupe. Certes, selon les connaisseurs,, cette édition était conduite par un nombre inférieur de batoukas, comparée au début des 2000′s .

Néanmoins, plusieurs  fanfares civiles ont animé le centre ville, dès le départ du parc du Peyrou, à 19 heures. Elles ont célébré gaillardement cette grande fête païenne, entrée dans les habitudes populaires depuis le milieu du 16e siècle… En voici un aperçu, avec mille « bravo » à toutes celles et ceux qui se sont laissés prendre (en photo et au jeu !). Plus qu’un baroude d’honneur, c’est un cortège enflammé qu’ont recréé ces Montpelliérains le soir de Carnaval 2012. Voyez plutôt par vous-même, ci-dessous…

La batuka s’inspire notamment de la samba brésiliennne.

Au moment où le défilé passe devant le tribunal, juste après l’Arc de Triomphe, les tambours s’accordent.

"Jamais la répression ne tuera Carnaval" : une première tentative d’affichage manquée, mais le comité anti-répression accrochera son message un peu plus loin, sur les échafaudages du plan de l’Université,

Ne pas s’y tromper : non cette jeune femme ne rit pas jaune !

Des clowns parmi les zèbres de la place Jean-Jaurès !

Certains habitants, à défaut d’avoir vu Carnaval en centre ville, l’auront au moins entendu…

Patrice Leconte : « Je veux raconter des histoires de manière absolue »

Mercredi, Patrice Leconte, le réalisateur des Bronzés, de Tandem et de La Fille près du Pont était l’invité vedette des Rencontres de l’éducation artistique aux images. Soit une table ronde avec des enseignants, des élèves de l’Académie de Montpellier, la Région et Languedoc-Roussillon Cinéma. Anecdotes, analyses et conseils du cinéaste : pour continuer à créer le 7e art, suivez le guide…

Une journée marathon avec Patrice Leconte. "J’attends des trucs extras", souligne-t-il à son arrivée. Grâce à lui, Juliette Binoche, Vanessa Paradis, Jean Rochefort, Gérard Jugnot, Michel Blanc, Charles Berling et Daniel Auteuil ont été nommés aux Césars de la meilleure actrice ou du meilleur acteur. A 65 ans Patrice Leconte a déjà inscrit son nom aux tablettes de grands classiques du cinéma français. A Montpellier, cette semaine, il a répondu présent à l’appel d’un projet pédagogique sur la transmission des savoirs faire et de la culture. Environ 200 élèves lui ont présenté leurs courts-métrages. Ils ont bénéficié des critiques d’un orfèvre du 7e art.

Plusieurs ateliers et projections ont ainsi permis d’expliquer le cinéma "comme une œuvre collective. Cette journée est le fruit d’une longue préparation", a résumé Marie Saurat, chargée de mission à la Direction Académique de l’éduction Culturelle (DAAC).

Cette classe de l’école Mermoz a présenté son film d’animation, "Le mystère de la porte rouge", au Centre régional de documentation (CRDP).

Pour qualifier sa démarche, Leconte a annoncé tout de suite sa méthode : il "capture" les images qu’il aime. Et grâce à la musique, il leur donne leur sens : "Je ne me lasserai jamais de filmer un tourne-disque et son bras. Je suis sensible à la bande son et je ne pourrais faire de film sans musique; c’est une passion épidermique, intuitive. Jamais je n’ai terminé un film en m’interrogeant sur sa bande son. Car j’ai à chaque fois des désirs précis. Comme dans la musique, au cinéma, quand c’est raté, c’est foutu…" 

Patrice Leconte distribuant des bonbons sur la scène du CRDP.

Mais au fait, "comment ça marche le vrai ciné ?" Patrice Leconte jauge l’attente du collégien qui l’interroge  : "Un film réussi, ça tient du miracle. C’est un équilibre tellement fragile que l’on peut (éventuellement) réussir son coup. (…) C’est lié aux émotions. On se rend compte que des émotions très personnelles peuvent devenir universelles. Cela fonctionne alors comme une sorte de coupe-circuit positif". Et de citer Marie la coiffeuse : "des tas de spectatrices" se sont reconnues dans leur désir d’être aimées.

Le cinéaste prépare  son adaptation du roman de Jean Teulé, Le magasin des suicides. Un projet qu’il entend réaliser en 3D. Un nouveau format pour lui  : ”Je n’ai pas de dogme (…). Quand je tourne, je n’arrive pas à travailler en pensant à un public précis : la ménagère ou les enfants, etc. Au départ, il faut juste que ça me plaise à moi”, a-t-il affirmé. Avant d’encourager ses auditeurs : “Il n’y a pas de petit film. Personne ne m’a dit, un jour, “tu n’y arriveras jamais. Le cinéma est un métier enthousiasmant. C’est très difficile, mais jamais impossible. Grâce à cet art, nous continuons à rêver”.

Les élèves de CP et CE1 de l’école Mermoz ont écouté les explications du réalisateur, qui répondait à Marie Saurat, chargée de communication du Rectorat et enseignante. Les 4e et les 3e du collège Rabelais puis les 2des du lycée Champolion, de Lattes, les ont rejoints sur scène.

"Qu’est-ce qui vous plait dans ce métier ?", lui demande une collégienne. Après un flashback sur le Festival de courts-métrages de Tours, durant son adolescence, Patrice Leconte reste proche de la problématique du jour : "Ce qui m’a donné envie de réaliser des films, c’est de raconter des histoires de manière  absolue. En effet, le cinéma est un art voyou qui "pique" aux autres: il emprunte à l’architecture, à la littérature, à la musique… Et il n’existe que parce que d’autres ont créé avant". Aussi, un bon scénario "tient en cent pages. Synopsis inclus. Lorsque les spectateurs ont payé, ils ont décidé de nous accompagner. Ils ne viennent pas pour se dire, "qu’est-ce que c’est que cette merde?" Si au bout de dix minutes on n’a pas réussi à satisfaire leur attente, on est mort…"

Ces premières Rencontres de l’éducation artistique aux images étaient  le résultat d’une année de préparation, comme l’a rappelé Marie Saurat : "Nous travaillons ensemble sur la question de la transmission. L’acte de créer devient ainsi une démarche consciente. Nos élèves approchent une matière qui les passionne". Durant les ateliers et projections, les discussions avec le réalisateur se sont faites naturellement. Professeure de lettres à Lattes, Asifa Bergon-Razack témoigne des avantages de ce type de journées pour l’enseignement : "Les élèves peuvent trouver que notre travail d’analyse de la littérature est fastidieux. On a appliqué tout cela au film, avec la jubilation en plus. Ainsi, ils ont accès à une autre lecture de l’œuvre". 

      L’arrivée de Patrice Leconte au CRDP de Montpellier.

Un père Indigné dénonce "les faux partages de décision" à Montpellier (II)

L’auteur de l’Etat des lieux de notre démocratie, un essai non publié, affirme qu’un adjoint au maire a sollicité son conseil. Cela tombe bien car Lilian est Indigné : presque tous les jours, sur la place de la Comédie, il co-organise un forum populaire. Il s’est aussi impliqué  dans les réunions du Printemps de la démocratie participative de Montpellier, dont il  est ressorti très déçu…

Lilian, mi-décembre 2011, place de la Comédie.

Lillian est l’auteur de cet essai, qu’il présente comme "un petit truc global sur la crise". Entendons, un essai personnel sur ce sujet d’actualité mondiale. Cette cinquantaine de pages constitue un diagnostic sur l’asphyxie du système capitaliste et sur la confiscation des pouvoirs qui l’accompagne. En l’écoutant, on comprend que Lilian, 41 ans, Indigné et père de famille, a longuement réfléchi à la parole des citoyens. Ce titulaire d’un doctorat en sciences physiques en est convaincu : la politique doit apporter des solutions dans nos vies quotidiennes.

C’est sa fille, adolescente handicapée, qui l’a motivé à faire ses premiers pas dans le débat public de la Ville. Evidemment, Lilian s’est choisi pour thème privilégié la question de l’accessibilité aux personnes en difficulté. Diplômé de l’école des Mines d’Alès, il avait d’abord développé ses recherches sur ce sujet, durant sept ans. En ce sens, il dresse un constat désenchanté de la politique de la Ville.

Lilian affirme ("sans frime") qu’un adjoint au maire a souhaité s’entretenir avec liu à propos de son essai. Une prose politique ainsi hissée en mairie. "J’ai été le premier étonné qu’il en soit informé, mais je le lui ai donné", affirme l’Indigné. D’autant plus surpris quee la mairie compte déjà sur un cabinet chargé d’organiser le Printemps de la démocratie participative de Montpellier. Or, selon Lilian; qui ne souhaite pas révéler le nom de son interlocuteur, "ce représentant de la mairie a reconnu la valeur de mon travail. Il a aussi évoqué la possibilité d’un emploi, sans en préciser la nature". Contacté parmontpellierblog , avant-hier (2 janvier), le bureau de presse de la mairie a assuré qu’il nous apporterait davantage de précisions sur ce sujet. Sans en préciser la date. On attend toujours…

Déjà trois "Printemps de la démocratie participative de Montpellier"

"La démocratie participative c’est sympa, moi-même je le fais. Mais à la façon de Lénine: en faisant remonter de la base des idées qui viennent du sommet. Parce que n’allez pas croire qu’il sort des idées d’une réunion de 25 pélucres!" Georges Frêche, 2007. Cette citation parue dans La Gazette de Montpellier est bien connue du mouvement social montpelliérain. Mais quel bilan, après la 3e édition du Printemps de la démocratie participative de Montpellier (PDPM) ?

Lilian nous donne son point de vue, en tant que membre de la "commission accessibilité" de Montpellier centre : "On nous invite à des réunions pour nous présenter les thèmes. Puis, en commission, on développe des projets issus de nos propositions et débats. On les soumet ensuite à des experts qui font une étude de faisabilité. Mais on n’a pas de retour de la part des élus. Le problème, c’est qu’il n’y pas de partage de la décision. Elle est prise d’en haut, non issue de citoyens actifs". regrette-t-il ; tout en approuvant pleinement les principes théoriques  du PDPM : "C’est la technique du budget participatif. Ainsi, chaque quartier développe ses projets en son assemblée, selon l’intérêt général".

Ce militant affable poursuit ainsi son témoignage : "On nous présente des décisions déjà prises. Le PDPM, c’et juste un alibi démocratique…". Pour preuve, sa tentative de faciliter la vie de personnes à mobilité réduite. Pour cela il avait vu les choses en grand : "Sous forme de documents, j’ai évoqué la possibilité de créer un réseau . Ce serait un service d’aide à la mobilité. Je propose des solutions locales. Ce problème humain et urbain, je le connais bien".

Face à "la "politique des 1 %", les Indignés montpelliérains auraient donc "un vrai programme social et humain, qui vise à redonner aux citoyens les moyens de reprendre leur destin en main". Leur première revendication : des mandats impératifs pour les élus. Ou l’obligation d’être responsable devant le corps électoral. Dans le texte, il est possible de la refaire : Lilian prône (non sardoniquement) "le passage régulier des édiles devant le peuple, via le referendum local".

La démocratie participative serait une pierre angulaire visant à rapprocher ladite périphérie, où est cantonné le peuple,  et les centres de décision politique, économiques et sociaux régionaux. "Beaucoup de points que je soulève ont pour réponse des lois qui existent déjà. Encore faudrait-il se servir de ces outils".

Pas d’accusation de complot avec Lilian, mais les preuves d’une certaine connaissance de l’histoire de la mondialisation de la finance et des instituions françaises. Sa conclusion est centrée sur ces dernières : "On a remplacé la souveraineté populaire par la souveraineté nationale". Il  positive : "La marie se montre conciliante avec nous depuis le début du mouvement des Indignés. Désormais, place de la Comédie, en semaine, près de 200 personnes viennent parler avec nous chaque jour. On éveille des consciences".

Francis Vadillo, le réalisateur de "L’éthique du souterrain", poursuit sa bio de Mattt Konture

Cette interview du réalisateur Francis Vadillo traite de son dernier film, "L’éthique du souterrain", sorti à l’automne 2011. Le cinéaste évoque ses choix pour réaliser sa biographie de Matt Konture, le dessinateur montpelliérain, qui est l’un des fondateurs de L’ASSOCIATION (http://www.lassociation.fr/blog/?tag=konture). Monpellierblog a aussi interviewé Mattt Konture à propos de ce film-portrait de lui même (à lire en page 2 du site, ou cliquer sur ce lien). Francis Vadillo évoque ici son œuvre  et ses projets.

Francis Vadillo ici entouré de Mattt Konture et d’un présentateur de cinéma, lors de la projection d’inauguration, à Montpellier,

Est-ce votre passion pour la BD qui vous amené à tourner un documentaire biographique sur Matt Konture ? Quels liens vous unissaient avant le film ? 

Je n’ai pas de passion particulière pour la BD mais plutôt pour toutes les pratiques artistiques singulières, quel que soit le domaine où elles s’inscrivent. De plus, pour moi, l’œuvre de Mattt Konture ne relève pas de la BD; elle a plus à voir avec le graphisme, la littérature, la poésie et donc "in fine" avec la philosophie, la vie.

Je connais le travail de Mattt Konture depuis ses débuts dans les années 80 sans le connaître lui personnellement. Lui était sur Paris et moi à Toulouse puis Montpellier. Quand il est arrivé à Montpellier, je partais sur Paris. Mais j’ai toujours suivi son travail comme j’ai suivi tout ce qui se faisait aux éditions L’ASSOCIATION. J’ai d’ailleurs tourné David B. et J.C Menu bien avant Mattt.

Comment résumer votre parcours ?

Mon parcours est assez banal : celui d’un adolescent qui dès le Lycée s’est intéressé aux pratiques underground dans tous les domaines et plus particulièrement dans le rock, les arts plastiques et la poésie. J’ai donc été un activiste dans le rock (organisation de concerts, émissions de radio…). Participant alors à des fanzines, au mouvement des radios pirates (avant la légalisation) et à plein d’autres trucs. Et comme l’underground fonctionne en réseau d’affinités il était normal que je tombe sur le travail de Mattt dès ses débuts. Par ailleurs, sur Montpellier je connaissais les amis de Mattt, vu que nous évoluons dans le même milieu. De retour de Paris il n’était donc pas compliqué que je le croise puisque nous avons les mêmes fréquentations et allons dans les même lieux.

« L’éthique du souterrain », est-ce ce qui vous a réuni ?…

"L’Ethique du souterrain" est le titre d’un chapitre de l’essai philosophique de Pacôme « Thiellement », consacré à Mattt Konture et édité par L’ASSOCIATION.  Le choix du titre, avec l’accord de Pacôme, tombe sous le sens. Pour moi Mattt Konture exprime quelque-chose de manière absolue et continue, sans jamais céder : c’est cette notion d’éthique inhérente à toute pratique underground. Il est l’un des rares à traverser les années en maintenant ce rapport à la vie et ce de manière quotidienne.

Plusieurs séquences reprennent des images de comics publiés par le créateur des éditions l’Association ; cette alternance avec des plans très proches de votre sujet, est-ce, une technique que vous utilisez souvent ? En quoi votre manière de faire sert-elle le propos de Mattt ? Où le film se passe-t-il ?

L’utilisation de banc-titres des planches est une nécessité pour montrer son travail, autobiographique et introspectif; qui en lui même éclaire le personnage. On le voit également dessiner les situations de vie qui correspondent aux situations de tournage. Le choix des gros plans sur son visage m’a semblé évident : son visage est cinégénique, et surtout très parlant dans ses différentes expressions : il dit parfois plus que ses propos. Ainsi, j’ai pu être au plus près du personnage dans le sens littéral.

On adapte les choix de valeurs de plans aux sujets qu’on tourne; ce n’est donc pas systématique. Si je tournais avec un touareg, je pense qu’il y aurait beaucoup de plans larges.

Le film est réalisé chez Mattt et à son atelier à Montpellier, au Sismics festival en Suisse, en Lozère, à Paris, à Frontignan, à Angoulême… bref j’ai suivi Mattt où il allait.

Killoffer, c’est la deuxième figure récurrente dans votre film. Pouvez-vous nous le présenter ?

Killoffer est, comme signalé dans le film, l’un des cofondateurs des éditions L’ASSOCIATION. Il est dessinateur, graphiste, illustrateur, il travaille pour Le Monde, Libération, Le Tigre et d’autres journaux ou revues. C’est une star. Ses œuvres sont aussi publiées à L’ASSOCIATION. Il est également prof aux Arts appliqués à Paris.

Lors du montage, avez-vous eu beaucoup de frustrations ou juste de la satisfaction de choisir vos meilleures heures passées ensemble ? Qu’avez-vous gardé ? Seriez-vous prêt à recommencer dans 10 ans, différemment ?

Tout montage est frustrant par définition. J’ai gardé, pour la version de 52′, ce qui permettait à un public non averti de découvrir Mattt Konture. La version longue est montée différemment, avec des séquences en plus. Elle correspond davantage à ce que je voulais faire, vu qu’elle est hors contrainte télé. Comme j’ai pu le dire lors du débat qui a suivi la 1ère projection, je vais continuer à tourner sur Mattt, afin de refaire un film. Avec bien entendu, les éléments de l’ancien.

Le faire différemment, non, il s’agira juste d’un autre film, un work in progress, basé sur le même principe : accompagner Mattt, et que se passe ce qui se passe. Attention, je ne suis pas un professionnel, je suis juste un amateur.

L’essai d’un Indigné montpelliérain hissé en mairie

2011 aura révélé deux Printemps : la révolte des Peuples arabes ainsi que le refus par les Indignés de subir "les politiques des 1 %". Des Indignés qui restent déployés en Europe, contre l’injustice et pour la démocratie réelle. A Montpellier, leur occupation remonte au printemps – avec un changement de place en mai. Groupe de réflexion, il s’est doté d’une "boîte noire", que des proches de Mme Mandroux, la maire de Montpellier, semblent apprécier…

Lilian le commentera pour les lecteurs de montpellierblog, le 4 janvier 2012, et à tous ceux qui l’interrogeront, place de la Comédie. Comme un outil de référence : L’État des lieux sur notre démocratie. Son auteur est un Indigné de 41ans ; il a bien voulu nous présenter la trentaine de pages engagées qu’il a rédigées en 2009. Et qui fédèrent aujourd’hui les Indignés de Montpellier.

Lilian nous explique que son travail lui a été réclamé par un adjoint du maire et aurait été lu par au moins un autre responsable municipal. L’un est chargé des questions de démocratie directe. Il ne cite pas son nom. D"autant que le 3e Printemps de la démocratie de Montpellier fait l’objet de vives critiques et de contre propositions de la part de ces initiés, Lilian en tête, mais loin d’être seul…

Lundi, place de la Comédie. Ces Indignés misent sur leur "force de persuasion". Ils sont cinq à dormir ici, dont deux louent un appartement à Montpellier.

Montpellierblog publiera ce témoignage complet en début d’année prochaine. Il a rejoint la manifestation dès ses débuts. Cet ingénieur diplômé de l’école des Mines d’Alès s’est par ailleurs impliqué dans les discussions du Comité de Quartier de Montpellier-Centre. Un double thème : handicap et accessibilité. Père de deux enfants, dont une fille qui se déplace en chaise roulante, il regrette fortement le manque de moyens donnés par les élus pour peser sur leurs décisions, au regard des projets d’aide aux personnes handicapées qu’il a voulu insuffler  Le Printemps de la démocratie de Montpellier est pourtant présenté par la mairie comme un sommet de la démocratie participative. Lillian balaye de la main : sur l’affiche, oui, mais en réalité… Puis il  revient sur l’histoire des banques et la spéculation…

"Un petit truc global sur la crise"

Dans l’épais brouillard de soie de Noël, parfumé à la neige du capitalisme ambiant,  fumeux, des effluves s’insinuent dans nos systèmes nerveux. Mais sur les esplanades, charade ou boutade hors du temps ? Qui c’est-qui témoigne le mieux de notre présent : les banquiers qui se congratulent entre eux et spéculent, pour un résultat global affreux, ou le SDF mort dehors la nuit dernière à Béziers city ?

Un peu plus tôt à Montpellier; ce lundi, avec les Indignés. Ambiance de rires quand vient un ami belge. C’est Nicolas, qui se présente comme un "commando para retraité". Il a la quarantaine. deux enfants. Sa fille de 19 ans fait des études de médecine et son fils suit une école de vétérinaire. Nicolas, en Indigné, colporte qu’à Bruxelles, "ils sont 80. Ils ont ouvert deux grandes demeures inoccupées. Ils ont tenu les trois premiers jours , la loi belge empêche maintenant leur expulsion…"  Jean-Michel savoure, sourire aux lèvres. Il dort là chaque soir, "parce-qu’il est bien temps de réagir".

Puis on retrouve Lilian, qui s’est attelé à ce diagnostic sur la crise politico-financière actuelle. Il cite un chapitre sur "la perte de confiance des citoyens dans leurs représentants". Pas un sondage, "un petit truc global sur la crise". Du gouvernement dans l’intérêt général. Ce rapport a donc mené notre hôte à être "consulté" par au moins un adjoint du maire. Lillian maîtrise si bien son sujet…

DURE-Mère : une performance de "libre culture" donnée en la Médiathèque Émile Zola

Le trio montpelliérain DURE-Mère a donné un concert exceptionnel à la Médiathèque Centrale d’Agglomération Émile Zola (MCAEZ). Cette performance était offerte aux auditeurs présents, qui ont pu repartir avec l’enregistrement live sur leur clé USB. Une volonté permanente du groupe qui, outre sa recherche musicale, défend la libre diffusion. Les trois artistes aiment notamment la noise. Ils nous expliquent ici leur choix de vivre pour leur musique.

Un public d’une trentaine de personnes, toutes embarquées dans un voyage ultra-sonique. Devant lui, un concert à vibrer au-delà des murs feutrés de la salle feutrée de la médiathèque centrale : tout pour un son noisy, sans concession. Voici les DURE-Mère…  Leurs phrases musicales ont semblé satisfaire le public ‘d’entré de jeu. Chronique et raisons d’un c quioncert durera une heure,: soit une setlist de cinq titres seulement.

En reposant sur des morceaux d’aussi longue haleine, la performance de DURE-Mère était celle d’une formation innovante. Heureusement, nous dirait tout auditeur en quête de musique noise. Bien avisé d’être dans le public : car le tempo chaloupé et trépidant révèle aussi la dextérité et l’harmonie fragile de ces trois musiciens. Ce samedi après-midi, le public s’est laissé emmener par ce projet à la fois bruitiste et mélodique, dégagé des contraintes du formatage imposé par l’industrie musicale. DURE-Mère a conduit son public sur musique brute et soignée à la fois, directe et mystérieuse.

Instrument à vent et à clavier, le Bandonéon produit un effet de légèreté, tout en maintenant le suspense. Il est pour de nombreux auditeurs la première surprise, portée par Maximilano d’Ambrosio. Au centre, la guitare impulse des mélodies sur les rythmes de la batterie qui fusionne peu à peu avec elle. Une perte de la notion de temps peut s’opérer chez l’auditeur ! La voix repousse les limites de l’esprit. Cette musique peut alors apparaître comme l’enfant chérie d’une énergie noise,  alliée au rock, soumise aux soubresauts d’une guitare sur-saturée, sans oublier les passages claquants de jazz et quelques longues ascensions, moins rock, plus progressives. Le tout se révèle être très convaincant, pour les amateurs de musique expérimentale.

La formation tricéphale préparait ce coup de maîtres depuis le début de la semaine : "On a commencé par tester la salle, mardi. On y répète tous les jours. Pour ce concert, les titres sont tous sur notre premier album. Notre musique, correspond à notre vie", souligne Yoann Jacquot. Le guitariste du groupe, qui répète différemment  : "Pendant longtemps, on a joué la carte de l’énergie. Maintenant, on essaie d’être plus précis. On veut écrire la partition pour amener des mini sons : le genre d’électroniques à utiliser dans la seconde".

Maximiliano d’Ambrosio se régale d’un vrai détournement de l’instrument traditionnel du tango : le bandonéon.

DURE-Mère a poussé son premier cri en 2005, à Montpellier. Impossible à ranger dans un seul style, le groupe invente le sien, la "noise in opposition". Ce terme est tiré d’un fanzine. Dès la fin 2011, le groupe "respire et aspire encore à sa conquête du monde". Même si, toujours selon les  termes de Yoan Jacquot : "Être joués sur les grosses stations FM, pour nous, c’est assez improbable (…). Artistiquement, soit tu pervertis ta zique (sic) pour arriver à faire de la tune, soit tu continues à créer ce dont tu as vraiment envie. On ne sait même pas si les gens vont venir au concert tout à l’heure. Souvent, les puristes de jazz nous trouvent trop rock et des puristes de rock nous trouveront peut-être trop torturés".

"Peu de groupes font de la musique leur activité principale. Il est important de soutenir les scènes. Nos influences sont à géométrie variable. Le choix des instruments s’est fait naturellement. On doit être les seuls dans cette configuration. Celle-ci sert notre musique extrême", décrit-il. "En vérité, ce que Jacqot attend après un concert, c’est des critiques", souligne un ami musicien de Montpellier, qui connait la volonté de rechercher du guitariste de DURE-Mère. Pour se faire une idée, vous pouvez écouter leur premier album, SANGRE : http://maximilianodambrosio.bandcamp.com/album/sangre

Retour dans la salle. Les notes qui résonnent s’entrelacent puis se chassent les unes les autres. Sous le regard attentif d’Héloïse Valézy, dite "Mac reille", la manageuse, qui veille au bon déroulement de la performance, les trois instrumentistes maîtrisent parfaitement leurs chansons. Leurs échanges de regards le montrent : "Ça coule de source", dit une jeune femme du public. Il est vrai que le trio a donné plus de deux cents concerts. Il avait déjà réussi sa tournée de trois semaines entre l’Europe de l’Est et les Pays-Bas.

2012 ne devrait pas être l’année de leur première aventure américaine. "On pensait y aller", confie Yoan. "On va essayer de voir ça pour 2013 : avec davantage de contacts là-bas, on pourra peut-être monter une tournée sans trop de frais. C’est comme un rêve de gosse…" Toujours créatif, il travaille avec ses amiq sur l’écriture d’un deuxième album, qui sera disponible en 2013 sur CD et en vinyle, comme le premier. Des rêves de gosses mûrement explosés… à Montpellier, certains murmurent même que Dure-Mère crée la meilleure musique du monde !

Yoan Jacquot se décrit comme "un enfant de la noise".

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